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Ayn Rand, pasionaria du capitalisme !

 

Ayn Rand, pasionaria du capitalisme !
Le jeudi 12 décembre 2013

 

 

 

Le capitalisme c’est la vertu ! Le capitalisme est un système juste, il récompense les meilleurs et punit les médiocres ! Le profit a une valeur spirituelle ! Sur terre il y a les entrepreneurs et les parasites, les MAKERS et les TAKERS ! Votre ennemi c’est l’altruisme, à bas la solidarité, VIVE L’ÉGOÏSME !
Un délire ? Un sketch comique ? Non. C’est ce que disait AYN RAND, celle qui - selon une sérieuse étude de la Bibliothèque du Congrès - "a le plus influencé les Américains, après la Bible". Ses livres, vendus à des millions d’exemplaires et portés au cinéma, sont des références majeures outre-Atlantique. AYN RAND, "la Jeanne d’Arc de la libre entreprise", est inconnue en France. Morte en 1982, sa tombe fut fleurie de couronnes mortuaires en forme de dollar.

Un reportage à New York de Giv Anquetil et Daniel Mermet.

Programmation musicale :
American Greed, par Oddissee

 

 

 

Partie (2)
Le lundi 16 décembre 2013

 

Partie (3)
Le mardi 17 décembre 2013

"Doit-on laisser mourir quelqu’un qui n’a pas pris une assurance santé privée ?" "OUI !" hurle la foule.


Cette scène est réelle, c’était en septembre 2011. Mort aux parasites, mort aux perdants ! C’est la révolte des riches. L’avidité au gain est la plus grande des vertus (Greed is good) ! AYN RAND, c’est la lutte des classes à l’envers. Depuis plus de 50 ans, ses romans et ses idées ont profondément pénétré la mentalité américaine avec le soutien des banques et des plus riches fondations, comme l’ARI (Ayn Rand Institute) qui propage ses idées partout. 1,4 millions d’exemplaires de ses livres ont été distribués à 30 000 professeurs dans 40 000 salles de classe... HALTE AU RACISME ANTI-RICHES ! MILLIARDAIRES DE TOUS LES PAYS, DIVISEZ-VOUS !

Le troisième et dernier volet d’un reportage à New York de Giv Anquetil et Daniel Mermet.

(illustration : Ayn Rand, un webcomic de Darryl Cunningham)

"Doit-on laisser mourir quelqu’un qui n’a pas pris une assurance santé privée ?" "OUI !"
hurle la foule.


Le troisième et dernier volet d’un reportage à New York de Giv Anquetil et Daniel Mermet.

(illustration : Ayn Rand, un webcomic de Darryl Cunningham)

 

 

 

Dès 1636 à Amsterdam, les bulles du Mississippi et de la South Sea, en même temps que la tulipomanie, établirent le standard des crises financières. A cette époque, le négoce de bulbes de tulipes faisait fureur. Avant cette tulipomanie, la Banque d'Amsterdam garantissait une monnaie saine et la liberté de battre monnaie. Mais tandis que les métaux précieux convergeaient vers les Pays-Bas du monde entier, l'afflux d'argent alluma les convoitises. Les pièces abîmées, en provenance des leaders des quatre coins de l'Europe, affluaient à la Banque d'Amsterdam pour être refrappées à une juste valeur.

Des marchés officiels de futures se développèrent pour négocier les bulbes de tulipes, sans marge exigée. La frénésie atteint son apogée en janvier 1637 lorsque le bulbe Witte Croonen vit son prix multiplié par 26, pour chuter à 1/20ème de son plus haut prix une semaine plus tard.

 

Si la tulipomanie dura assez peu de temps, le krach mena à un doublement des faillites à Amsterdam.

Dans mon ouvrage Early Speculative Bubbles ["Les premières bulles spéculatives", NDLR], le chapitre sur la tulipomanie est ce qui rend le livre réellement unique. C'est la seule analyse de la théorie autrichienne de la crise. Ma thèse est que la tulipomanie trouve son origine dans des facteurs monétaires, tout comme d'autres bulles et krachs.

 

- John Law et les débuts du keynésianisme
La Banque d'Amsterdam inspira John Law, le premier keynésien au monde (même si Keynes n'était pas encore né). En tant que fondateur de la première banque centrale de France, il abandonna la ligne de l'institution sur l'argent sain. A la place, il chercha à réparer l'économie française par de grandes quantités de papier-monnaie afin de refinancer les énormes dettes de guerre de la France. Cela vous rappelle quelque chose ?

 

Law inonda l'économie française de billets de banque et d'actions de la Compagnie du Mississippi. Toujours promoteur, Law utilisa diverses combines pour offrir des droits, des dividendes spéciaux et des options permettant aux investisseurs d'acheter toujours plus d'actions. Le Français moyen n'en avait jamais assez. L'auteur Janet Gleeson écrit : "comme des gloutons à un banquet du Mississippi, la plupart des investisseurs acceptaient naïvement l'opportunité de se goinfrer sans jamais songer aux conséquences".

 

Finalement, la Compagnie du Mississippi ne possédait aucune valeur autre que les droits sur le commerce que le gouvernement lui avait accordé pour rembourser ses dettes.

 

- Quand l'Angleterre s'y met...
De l'autre côté de la Manche, les Anglais observaient tout cela, forts jaloux. Les dettes des guerres britanniques étouffaient également leur économie. Sir John Blunt et la Hollow Sword Blade Company imitèrent Law et formèrent la South Sea Company, qui vendait des actions et utilisait l'argent pour acheter la dette du gouvernement. Ses actifs étaient des droits commerciaux exclusifs avec l'Amérique du Sud.

 

Les actions de la compagnie triplèrent en quelques semaines mais s'effondrèrent rapidement par la suite. Même le brillant Sir Isaac Newton fit faillite. La bulle de la South Sea fut brève parce que la Banque d'Angleterre se tint prudemment éloignée de cet engouement. Les investisseurs eurent donc un endroit où se réfugier avec leur argent. En France, les investisseurs de la Compagnie du Mississippi ne pouvaient négocier les actions qu'en échange de billets de banques tout autant sur-évalués. L'or et l'argent-métal étaient bannis.

 

"Ce que l'on peut prédire sans conteste est que la monnaie fiduciaire, le système de réserves fractionnaires, les banques centrales, les politiques monétaires keynésiennes et les politiciens ne recherchant que leurs propres intérêts, tout cela assurera qu'il y aura encore beaucoup plus de booms et de bulles spéculatives que les futurs économistes et historiens pourront expliquer".

 

Depuis, les marchés financiers ont connu une série de bulles et de krachs. Ce n'est pas souvent que les bulles gonflent si rapidement au même endroit après un krach. Toutefois, la politique continue de la Fed d'assouplissement quantitatif a été plus loin que jamais aucune autre banque centrale auparavant.

 

C'est une leçon apprise et réapprise sans cesse. A travers les siècles, d'Amsterdam à Wall Street, les bulles se forment puis éclatent, répandant le malheur financier sur leur passage.



26/12/2013
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